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Installation électrique : les bases pour votre rénovation

Une installation électrique repose sur quatre organes : le tableau de répartition, les protections différentielles, les circuits de distribution et les points d’utilisation (prises, éclairages, circuits spécialisés). En rénovation d’appartement ou de maison, comprendre le rôle de chacun permet de dimensionner les travaux, d’anticiper les contraintes de la norme NF C 15-100 et d’éviter les refus au contrôle CONSUEL.

Du compteur au tableau : le schéma général

Le courant arrive dans le logement par le disjoncteur de branchement (disjoncteur d’abonné). Ce dispositif limite la puissance selon l’abonnement : 6 kVA pour un studio, 9 kVA pour un appartement standard, 12 kVA ou plus pour un logement tout électrique.

Depuis le disjoncteur de branchement, deux fils (phase et neutre) alimentent le tableau de répartition, qui distribue le courant vers chaque circuit. Compteur Linky, disjoncteur et tableau sont regroupés dans la GTL (Gaine Technique Logement), installée dans l’ETEL : un volume réservé de 600 mm de large et 250 mm de profondeur, du sol au plafond.

Le tableau de répartition

Le tableau accueille les interrupteurs différentiels (en tête de rangée) et les disjoncteurs divisionnaires (un par circuit). La norme impose une réserve de 20 % d’emplacements libres pour les ajouts futurs. Dans un T3, le tableau compte en général 3 ou 4 rangées de 13 modules. Les manettes se situent entre 0,90 m et 1,80 m du sol fini.

Protections différentielles et disjoncteurs

Deux niveaux de protection coexistent dans le tableau. L’interrupteur différentiel (DDR) surveille les fuites de courant vers la terre. Dès que la fuite dépasse 30 mA, il coupe l’alimentation. Le logement doit compter au moins 2 DDR de 30 mA, chacun alimentant un maximum de 8 circuits.

Les circuits plaque de cuisson et lave-linge sont placés sous un DDR de type A. Les autres circuits acceptent un DDR de type AC. La version 2024 de la norme ajoute le DDR de type F pour les variateurs de vitesse (pompe à chaleur, climatisation, borne de recharge).

En aval de chaque DDR, les disjoncteurs divisionnaires protègent chaque circuit contre les surcharges et les courts-circuits. Leur calibre dépend du type de circuit : 10 ou 16 A pour l’éclairage, 16 ou 20 A pour les prises, 32 A pour les plaques de cuisson.

Erreur fréquente : Regrouper tous les circuits sous un seul interrupteur différentiel. Au moindre déclenchement, le logement entier perd le courant. Répartir les circuits sur plusieurs DDR garantit qu’une partie de l’installation reste alimentée.

Les différents types de circuits

Les circuits d’éclairage alimentent les points lumineux. Chaque circuit est limité à 8 points, câblé en 1,5 mm² et protégé par un disjoncteur de 16 A. Le logement doit compter au moins 2 circuits d’éclairage (sauf les studios : 1 seul).

Les circuits de prises non spécialisées desservent les appareils courants. Un circuit en 1,5 mm² sous disjoncteur 16 A accepte 8 prises. Un circuit en 2,5 mm² sous disjoncteur 20 A en accepte 12. Les 6 prises de la cuisine disposent d’un circuit dédié en 2,5 mm².

Les circuits spécialisés sont réservés aux appareils de forte puissance : plaque de cuisson (32 A, câble 6 mm²), four, lave-linge, lave-vaisselle (chacun en 20 A, câble 2,5 mm²). La norme en impose au minimum 4 par logement.

Sections de câbles et calibres de protection

Circuit Section câble Disjoncteur Points max.
Éclairage 1,5 mm² 16 A 8 points
Prises (standard) 1,5 mm² 16 A 8 prises
Prises (renforcé) 2,5 mm² 20 A 12 prises
Four, lave-linge, lave-vaisselle 2,5 mm² 20 A 1 appareil
Plaque de cuisson 6 mm² 32 A 1 appareil
Bon à savoir : La section du câble et le calibre du disjoncteur forment un couple indissociable. Un câble de 1,5 mm² protégé par un disjoncteur de 20 A chauffe avant que le disjoncteur ne déclenche. Le risque d’incendie est réel.

La mise à la terre

La terre est le troisième conducteur de l’installation (le fil vert-jaune). Elle évacue les courants de défaut vers le sol et permet au différentiel de détecter la fuite. En immeuble collectif, la prise de terre passe par la colonne montante. En maison individuelle, un piquet de terre ou une boucle en fond de fouille assure la connexion. La résistance ne doit pas dépasser 100 ohms. Dans les appartements anciens, l’absence de terre reste le défaut le plus courant : le baromètre 2025 de l’ONSE la relève dans 64 % des logements de plus de 15 ans.

Rénovation totale ou partielle : ce qui change

En rénovation totale, toutes les exigences de la NF C 15-100 version 2024 s’appliquent : ETEL, DDR répartis en 8 circuits maximum, circuits spécialisés, prises à obturateur, DCL au plafond. Le passage du CONSUEL est obligatoire.

En rénovation partielle, seuls les circuits créés ou modifiés respectent la version en vigueur. Les circuits existants non touchés restent sous l’ancienne norme. C’est le cas typique d’un ajout de circuit pour une cuisine ou une extension de pièce.

À défaut de rénovation complète, une mise en sécurité corrige les dangers les plus graves : fils dénudés, absence de terre, tableau vétuste, protections différentielles manquantes. Ce minimum est exigible pour tout logement mis en location.

Conseil KASQ : La rénovation électrique représente en moyenne 15 à 20 % du budget global des travaux. Prévoyez le dimensionnement du tableau et le passage des gaines dès la phase de conception, avant la pose des cloisons. Reprendre une installation après les finitions coûte deux à trois fois plus cher.

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Questions fréquentes

Quelle différence entre disjoncteur et interrupteur différentiel ?

Le disjoncteur divisionnaire protège un circuit contre les surcharges et les courts-circuits. L’interrupteur différentiel (DDR) protège les personnes contre les fuites de courant. Le DDR est placé en tête de rangée et alimente plusieurs disjoncteurs en aval.

La rénovation électrique nécessite-t-elle un permis de construire ?

Non. La rénovation électrique ne nécessite ni permis de construire, ni déclaration préalable. En copropriété, elle relève des travaux privatifs et ne requiert pas de vote en assemblée générale, sauf si l’intervention touche les parties communes.

Combien de circuits faut-il prévoir pour un T3 ?

Un T3 standard comprend 2 à 3 circuits d’éclairage, 3 à 4 circuits de prises, 4 à 5 circuits spécialisés (plaque, four, lave-linge, lave-vaisselle, chauffe-eau) et 1 circuit VMC. Le total se situe entre 10 et 13 circuits, répartis sous 3 interrupteurs différentiels.

Le passage du CONSUEL est-il obligatoire en rénovation partielle ?

Non. Le CONSUEL est obligatoire uniquement en rénovation totale ou pour une installation neuve. En rénovation partielle, les circuits ajoutés respectent la norme en vigueur, mais le contrôle CONSUEL n’est pas requis.